Pas une commune sans son école, sa maison des services publics, son maraîcher, son épicerie...

vendredi 27 août 2010
 

 Une grande école dans nos petites communes

Par Éric BOCQUET, Maire de Marquillies (Nord)

Après quelques décennies de relatif déclin démographique de nos campagnes, les élus locaux constatent tous que les territoires ruraux redeviennent très « tendance ».

Les nouveaux habitants qui s’y installent appuient leurs choix sur plusieurs critères. Outre le cadre de vie qui est très recherché, comptent également le niveau d’équipement des communes, la présence de commerces, de services publics, de moyens d’accessibilité et surtout la présence d’une école dans la localité. C’est dire si le développement de l’école publique en milieu rural est un élément essentiel du dynamisme général de nos villages.

Or cet atout est sérieusement menacé par les décisions de l’actuel gouvernement prises dans le cadre de la Révision générale des politiques publiques (RGPP).

Il y avait en 2007 880 000 enseignants en France. L objectif annoncé par Nicolas Sarkozy dans son programme ultralibéral était de supprimer 10/% des postes dans l Éducation nationale, ainsi 16 000 postes ont disparu cette année et 17 000 autres suppressions sont programmées au budget 2011.

Tous les territoires sont concernés mais, à l’évidence, les territoires ruraux sont particulièrement menacés par ces choix. Rappelons ici que sur les 36 682 communes de France, 31 927 sont des communes rurales et comptent moins de 2 000 habitants.

L’idée du pouvoir actuel est de regrouper les «  petites écoles  » sur un seul site, ce qui permet bien sûr «  d’économiser  » des postes d’enseignants, avec pour objectif de créer des unités pédagogiques pouvant compter jusqu’à trois cents élèves. Une telle taille de structure n’a aucune efficacité, l’autre conséquence étant l’augmentation mécanique des effectifs dans les classes.

À la rentrée prochaine dans notre département du Nord, trois écoles fermeront leurs portes (définitivement  ?). Il s’agit de la commune de Mardyck (Dunkerquois), de Sailly-lez-Cambrai et de celle de Sassegnies dans l’Avesnois.

La fermeture d’une classe, a fortiori d’une école, pour une commune rurale, est toujours une très mauvaise nouvelle parce qu’il y va de l’avenir de la commune.

De plus, toutes les études montrent que l’école rurale est l’école de la réussite  ; selon une enquête menée par l’Observatoire de l’école rurale qui a suivi pendant plusieurs années (du CM2 à la fin du collège) une cohorte de 2 500 élèves, le retard scolaire est plutôt moins élevé en milieu rural qu’ailleurs : 18 % en moyenne sur l’ensemble des zones rurales. La moyenne nationale est de 19 % et grimpe à 32 % dans les zones d’éducation prioritaire.

L’autre argument évoqué par le gouvernement pour justifier ces fermetures et regroupements serait le manque de moyens pédagogiques, or la simple observation des réalités contredit cet argument. Les communes investissent chaque année énormément de moyens pour équiper leurs écoles, proposer des services, acquérir du matériel, et se lancer aussi de manière ambitieuse dans le développement des nouvelles technologies.

La décision récente d’obliger les communes à financer les écoles privées (loi Carle) fragilise encore plus nos écoles publiques en milieu rural.

La défense de cette «  école à la campagne  » est bien l’affaire de tous et nécessite de construire des rassemblements larges, avec les enseignants, les parents d’élèves et les élus, pour bâtir ensuite la contre-offensive à la casse du service public d’éducation dans nos villages.

Éric BOCQUET

 

 

 Maternelle et élémentaire : la saignée à blanc !

Par émilie lecroq, Saint-Denis.

On vient d’apprendre que l’enseignement primaire est saigné à blanc dans les annonces de postes faites pour 2011 : moins de la moitié des recrutements par rapport à 2010  : 2 916 postes de professeurs des écoles sont proposés contre 6 577 l’année dernière (1). À titre d’exemple, l’académie de Versailles qui est l’une de celles où il y a le plus d’élèves, passe de 750 postes à 480 (2)  ! C’est dramatique pour les jeunes qui envisagent de passer ce concours. Mais c’est aussi terrible pour les enfants et les familles. Car la natalité se maintient et augmente, même par rapport au baby-boom de l’an 2000 (796 000 nouveaux nés en 2008 contre 774 800 en 2000 – chiffres Insee). Et environ 11 000 professeurs des écoles partiront en retraite en septembre 2011. Qui va enseigner à ces élèves  ?

La tactique, pour le gouvernement est double. D’ici à un an ou deux, au nom de l’autonomie des établissements, l’État veut obliger à des recrutements locaux d’enseignants vacataires (pour les établissements qui le pourront selon les dons du privé, des familles et des collectivités locales). Cette application de la conception européenne des services rendus aux publics dans un fonctionnement marchand est une trahison envers l’école de la République, un gâchis face aux besoins d’une nouvelle étape de démocratisation scolaire. À court terme, le gouvernement veut fermer les classes de toute petite, petite et moyenne section de maternelle pour récupérer les postes en élémentaire et y maintenir un nombre d’enseignants tolérable face aux élèves. C’est déjà ce qui s’était passé depuis le baby-boom de l’an 2000, où ce sont les élèves de deux ans, puis trois ans (et même des quatre ans dans les zones à plus faible densité) qui n’ont plus été accueillis.

C’est dramatique car aucune structure ne peut mieux que l’école maternelle permettre le développement de l’enfant par le biais du savoir, lui faire acquérir ce qui est indispensable à l’entrée au CP (savoir découper, tenir un stylo, classer des éléments par critères, reconnaître des sons, identifier les étapes d’une histoire…). La scolarité obligatoire dès l’âge de trois ans (et la scolarisation dès deux ans pour les familles qui le souhaitent) est nécessaire pour avancer vers l’égalité de réussite scolaire, pour préparer chacun à une scolarité longue, indispensable dans un monde où les savoirs seront plus complexes. Créons des collectifs de lutte, école par école, pour obtenir l’ouverture des classes nécessaires à cette scolarisation.

Avant deux ans, les naissances se poursuivant, l’exigence grandit de création d’un service public de la petite enfance pour à la fois harmoniser les structures existantes et déployer les capacités d’accueil sur tout le territoire national. Ces structures sont un atout pour le développement de l’enfant. Elles le sont aussi pour libérer les couples, et en particulier les jeunes mères dans leur vie sociale et professionnelle.

L’augmentation des effectifs montre un défi  : répondons-y non par le marché, mais par le service public d’éducation, comme un enjeu de civilisation  !

 

(1) http://www.education.gouv.fr/cid525....

(2) Les chiffres par académie  : http://www.education.gouv.fr/cid443....



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