A l’appel de RESF, Sud-Culture 84, SOLIDAIRES 84, la CIMADE, le MRAP, les VERTS, le PC, Le NPA, l’UNEF, une centaine de personnes ont profité de l’ouverture du 64ème Festival d’Avignon déployer 3 immenses banderoles et dénoncer, dans un tract, la politique du gouvernement à l’égard des sans-papiers.
En ces temps de stigmatisation de certaines franges de la population, il est temps de faire converger les problématiques récurrentes que sont la précarité et l’appauvrissement. D’un côté les précaires subissent au quotidien des conditions de travail indécentes, des salaires bas, des difficultés de logement, des contrats de travail sans avenir.
A Pôle Emploi, les chômeurs sont accueillis par des ordinateurs et des téléphones, quoi de plus déshumanisant, les convocations mensuelles « non effectuées » mènent à la radiation immédiate et les offres d’emploi sont des cadeaux empoisonnés pour cause d’ « employabilité ». Les sans- papiers, qui bossent comme des esclaves pour nourrir leurs familles, cherchent à régulariser leurs situations malgré un refus préfectoral, des familles entières sont démembrées pour atteindre le quo- ta d’expulsés. Les artistes et techniciens dits « intermittents » courent après les cachets pour maintenir leurs droits à l’assurance chômage, le travail se fait de plus en plus rare car les compa- gnies et les festivals mettent la clé sous le paillasson. La réforme amorcée des collectivités territo- riales va aggraver très rapidement les problèmes de financement de la culture. De l’autre côté, les banquiers spéculent toujours plus et amassent des fortunes considérables, les entreprises euro- péennes et internationales prospèrent malgré la « CRISE », et les gouvernements dynamitent le ser- vice public et les droits sociaux au bénéfice du « bouclier fiscal » qui favorisent les plus riches. Pour sortir de ce système de confiscation des richesses par une minorité, il est temps de se retrou- ver pour faire converger nos luttes, défendre nos droits sociaux et exiger une juste répartition des richesses. Notre volonté que la culture se batte aux côtés des sans papiers est un premier pas. Ne lâchons rien pendant l’été ! Faisons des festivals des tribunes pour amorcer la rentrée sociale, et préparer la grève générale reconductible qui fera tomber ce gouvernement rongé par les affaires. »
D’autre part, malgré un impressionnant dispositif policier, deux militants de Sud-Culture Solidaires ont pu pénétrer dans la Cour du Palais. Placés à gauche et à droite de Frédéric Mitterrand, ils ont lu la déclaration suivante :
« Monsieur le Ministre,
En 2003, nous étions 100 000 intermittents. 7 ans plus tard, la moitié d’entre nous a disparu. Le spectacle vivant n’aura bientôt plus de vivant que le nom. Partout on taille dans le vif des budgets. Monsieur le Ministre, vous êtes entré en Sarkozie pour faire le sale boulot et faire avaler la pilule de la Réforme Générale des Politiques Publiques en matière de culture. Vos liens familiaux avec un certain Président n’abusent personne. Comme Philippe Val et Jean Luc Hess, vous êtes aux ordres de la pire politique de droite. En 2003, Bernard Faivre d’Arcier, alors directeur du Festival d’Avignon, déclara que tant qu’il serait directeur, le Festival ne se tiendrait pas sous surveillance policière. 7 ans plus tard, la police est partout. Mais 7 ans plus tard, à qui s’adresse encore le théâtre dans la Cour d’Honneur ? Sûrement pas aux précaires cantonnés à l’extérieur, sûrement pas aux sans papiers dont la traque rappelle les heures les plus sombres de notre histoire. Le 64ème Festival s’ouvre comme si de rien n’était. Nous, artistes, intermittents, citoyens, appelons au sursaut, car résister se conjugue au présent. » SUD Culture Solidaires, le 8 juillet 2010









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