Après 11 jours de grève et de présence dans le hall du Conseil Général entrecoupés de 2 week-ends de mobilisation active, nous, éducatrices et éducateurs de Vivre dans la Ville avons écouté et entendu de nombreux témoignages.
De nombreux salariés du Conseil Général ou de structures financées par lui ont témoigné de la maladie qui rongeait leur fonctionnement :
- hyper-hiérarchisation des services (horizontalement, verticalement, bientôt en diagonale),
- dépossession du moindre pouvoir de décision des salariés, hyper contrôle des moyens d’action, contrats d’objectifs et évaluations contraignantes,
- manque de moyens dévolus (postes, personnel, locaux) qui a pour conséquence d’éloigner tout le monde du terrain, de là où nous devrions agir,
- perte de sens individuelle et collective par rapport aux missions normalement dévolues au service / à la structure,
- perte de motivation à appliquer de telles méthodes inhumaines,
- réflexion, rébellion, résignation, désespoir, colère, action syndicale…
A travers ces témoignages, nous avons compris où les études de faisabilité et audits voulaient nous entraîner… Apparemment, les services internes du Conseil Général sont très en avance sur nos petites structures du « privé habilité »… Beaucoup de salariés souffrent au quotidien…
Cependant, nous ne souhaitons pas trop pénaliser les personnes que nous accompagnons au quotidien et particulièrement les jeunes avec qui nous avons préparé un programme de vacances de fin d’année. Nous avons décidé de tenir nos engagements auprès d’eux du mardi 20 au 31 décembre 2011 et mettrons entre parenthèses notre mouvement.
Le bureau de notre association rencontre ce soir Mathieu Klein, vice-président délégué à l’éducation et de l’innovation citoyenne, compétent en matière de prévention spécialisée.
Nous attendons les résultats de cette rencontre.
Nous ne savons pas à ce jour quelle affectation a été décidée pour la rallonge de 200.000 € au budget de prévention spécialisée privée annoncée le 13 décembre 2011. Peut-être aurons-nous quelques explications à ce sujet.
Nous avons montré notre détermination à ne pas accepter que l’on détruise notre outil de travail.
Comme nous l’avons dit plus haut, même si nous obtenons l’assurance de conserver tous les postes de notre association, nous ne pouvons rester sourds à la souffrance de salariés si nombreux et sommes persuadés qu’il faut que l’ensemble des personnels du public et du privé se mobilise pour le retrait complet du rapport solidarité voté le 23 juin dernier et pour le maintien de tous les postes en P.M.I., Prévention Spécialisée publique et logement…
D’autant plus que le Conseil Général préfère financer la fibre optique du réseau internet et le Haras de Rosières-Aux-Salines !
Nous ferons une assemblée générale début janvier. Ce sera l’occasion de faire le point sur la position du CG 54 par rapport à nos revendications, à savoir des engagements fermes certifiant que demain nous continuerons à remplir nos missions avec les mêmes moyens matériels et humains. Nous sommes prêts à continuer la grève. En effet, grâce à de nombreux soutiens, y compris financiers, nous pourrons tenir des semaines à informer le grand public de la dangerosité d’un tel projet, avec le même enthousiasme et la même détermination, jusqu’à obtenir que la réorganisation de la prévention spécialisée soit purement et simplement annulée.
Nous continuerons (grâce à vous tous qui nous soutenez, merci…) aussi longtemps qu’il le faudra !…
Les éducat(eurs)(rices) de Vivre dans la Ville
commentaire
Commentaires