RESF 54 : La Convention Internationale des Droits de l’Enfant a 20 ans. Où en est-on en France ?

Soirée-débat, le 20 novembre 2009 à partir de 18h.00 , M.J.C. Beauregard

Publié samedi 31 octobre 2009 sur le site FSL - Nancy : http://www.fsl-nancy.fr/http://www.fsl-nancy.fr/spip.php?page=evenement&id_article=402
Date de l'événement:
vendredi 20 novembre 2009  -  18h00
 


20 novembre 2009

La Convention Internationale des Droits de l’Enfant a 20 ans

Où en est-on en France ?

 

Dans le contexte actuel :
• face au démembrement de nombreuses familles,
• face à la violation quasi quotidienne du droit de l’enfant et de sa famille,
• face au projet de suppression de la défenseure des Droits de l’Enfant

RESF 54, et d’autres associations ont décidé d’organiser :

 

Soirée-débat à partir de 18h.00
M.J.C. Beauregard
Place Maurice Ravel à Nancy

Venez nombreux,
invitez vos amis,
utilisez votre carnet d’adresses !

PNG - 49 ko la Fédération des conseils de parents d'élèves JPEG - 35.6 ko JPEG - 8.9 ko
Nous comptons sur vous !

  • Brève présentation de la Convention
  • Les droits de l’enfant à l’école et dans les programmes de l’Education Nationale
  • Les droits de l’enfant et la santé
  • Les droits de l’enfant face à la justice
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la Fédération des conseils de parents d’élèves

avec la participation de :
Mme Annick Thimon, présidente de la FCPE
Mme le Docteur Doumène,
Mme Maître Jeannot, avocate

et le soutien de : ACAT, ATTAC, France Tchétchénie, MRAP

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Intermède musical :

  • "La chorale des Sans nom " donnera un petit récital
  • « Stratégie de Paix »

Parrainage des enfants de 5 familles

Un parrainage permet de manifester concrètement sa solidarité envers les enfants et leurs parents sans papiers, le plus souvent des réfugiés qui ont dû fuir leur pays où ils étaient menacés,
Tous ont choisi notre pays comme terre d’accueil et demandent la protection de notre République ; en leur proposant de les parrainer une communauté leur dit ainsi et le plus fortement : "Vous êtes des nôtres". Ceci représente aussi la plus nette des réponses, très pédagogique, aux discours racistes et xénophobes.


Pot amical

 


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Que ceux qui le peuvent apportent
• gâteaux salés ou sucrés
• boissons non alcoolisées

Mais surtout venez nombreux entourer ces familles pour qu’un jour”Bienvenue en France”
devienne réalité
Merci et à bientôt


20e anniversaire de la Convention internationale des droits de l’enfant (C.I.D.E.)
La CIDE, un texte sur lequel il ne semblait pas possible de revenir  : Il y a 20 ans était signé un texte qui constituait un immense progrès dans la reconnaissance des droits de l’enfant. Peu de temps après, la France était le premier pays à organiser une journée nationale pour rappeler chaque année l’importance de cette convention. Nous pensions tous alors qu’il ne serait plus possible à notre pays de revenir en arrière par rapport à ses engagements.

Aujourd’hui, cette même France enferme les mineurs, les arrête, les expulse brutalement avec leurs parents dans des pays où ils n’ont jamais mis les pieds et dont ils ne parlent même pas la langue.


Aujourd’hui, cette même France aménage des centres de rétention administrative pour «  accueillir » des familles. Ces lieux, où des enfants peuvent être enfermés en vue de leur expulsion du territoire français, constituent une honte pour notre démocratie.

Cette même France a signé en 2008 une directive européenne, “La Directive retour” qui, au mépris de la CIDE, donne la possibilité d’expulser également des mineurs non accompagnés (art. 8 bis).

Les pouvoirs publics, certains élus, complices à différents niveaux
 : A Calais, à Paris et dans bien d’autres villes de France et d’Europe, des mineurs,qui ont fui des pays en guerre, tel l’Afghanistan, sont trahis par une partie de ceux-là même qui ont pour tâche de faire respecter un texte qu’ils ont ratifié, et qui le renient au nom d’une politique démagogique.


Reniement de la CIDE, mise en danger des enfants de migrants, mise en danger de tous les enfants.
Par ces reniements successifs, dont sont complices à différents niveaux les pouvoirs publics et certains de nos élus, ces enfants-là sont en danger et le statut de tous les autres enfants se fragilise peu à peu.


Venez nombreux,
invitez vos amis,
utilisez votre carnet d’adresses !

Nous comptons sur vous !


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APPEL « Droits de l’enfant »
du Réseau Éducation sans Frontières

Pour le respect par l’Etat des droits de l’enfant et de sa famille

« Le maintien de l’unité familiale est une règle immuable, générale, plus encore un droit, qui s’applique à toutes les familles, qu’elles soient ou non en situation régulière. Il est donc inenvisageable de séparer les enfants de leurs parents lors du placement en centre de rétention administrative ».

Eric Besson, juin 2009, Réponse à F.C.

« Les États parties veillent à ce que l’enfant ne soit pas séparé de ses parentscontre leur gré , à moins que les autorités compétentes ne décident, sous réserve de révision judiciaire et conformément aux lois et procédures applicables, que cette séparation est nécessaire dans l’intérêt supérieur de l’enfant. »

Convention internationale des droits de l’enfant, article 9 .

 

PNG - 49 ko Les étrangers privés du droit au séjour par une loi sans cesse plus restrictive sont des travailleurs. Ce sont aussi souvent des pères et des mères de familles, « coupables » d’être venus vivre en France, « coupable »s d’y avoir fondé ou reconstitué une famille, « coupables » de vouloir pour eux-mêmes et leurs enfants un avenir meilleur. Ces familles en danger sont, pour un grand nombre d’entre elles, protégées par la solidarité et la mobilisation actives autour d’elles.

Mais quand les autorités préfectorales interpellent un père, une mère ou toute une famille et les envoient dans des prisons pour étrangers en vue d’une expulsion, cet enfermement administratif ignore l’intérêt supérieur de l’enfant, viole la Convention Internationale des Droits de l’Enfant :

      • Aucun enfant ne sort indemne de son enfermement arbitraire, de son arrachement brutal au milieu dans lequel il vit, à son école et à ses copains.
      • Aucun enfant n’échappe à un traumatisme majeur, quand il a vu son père entre deux policiers, menotté et traité comme un criminel.
      • L’expulsion familiale est une humiliation collective dont personne ne se remet, les enfants moins que tout autre.
      • L’expulsion d’un père ou d’une mère est un tremblement de terre qui détruit parents et enfants jour après jour. Celui qui est frappé perd tout à la fois son compagnon, ses enfants, son travail, la vie qu’il a construite et se retrouve, démuni de tout, déposé sur le tarmac d’un aéroport où personne ne l’attend.
      • Le conjoint et les enfants demeurés en France, privés d’un père ou d’une mère, restent sans ressources, sans appui, au minimum pour des mois, le plus souvent pour des années, parfois pour toujours. Qui pourra mesurer et dire leur souffrance ? Pour beaucoup, c’est un lent engloutissement dans le silence. Il faut survivre, trouver des ressources, espérer un retour qui ne vient pas, tenir, replié sur sa honte ou alors, comme l’espèrent préfets et ministres, partir, acculés par le désespoir et le dénuement.

Le ministre qui légitime l’emprisonnement des enfants au nom de l’unité familiale la méprise souverainement dès lors qu’il s’agit de démembrer une famille en expulsant l’un des deux parents, le père le plus souvent ou, parfois, la mère. La liberté qu’il accorde aux parents d’abandonner leurs enfants pour leur éviter leur enfermement est une monstruosité. Le placement de mineurs en centre de rétention, leur expulsion éventuelle, leur existence bouleversée sont insupportables. Nous ne les admettons pas

Mais nous demandons aussi que soit mis un terme à la traque des familles.

      • Le maintien de l’unité familiale doit devenir la règle et ne plus servir de prétexte à l’enfermement d’enfants.
      • Le droit de vivre en famille dans la sécurité et le droit à la scolarité doivent être reconnus de façon intangible.
      • Le démembrement des familles doit être proscrit.
      • Les parents qui ont été expulsés en violation de ces principes doivent être rapatriés.

 

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Pour en savoir plus, visitez le site :
"Les droits de l’enfant"

 


JPEG - 41 ko Merci à vous qui lirez cette lettre jusqu’au bout

Joyeux Anniversaire, Alexander ! Tu as onze ans aujourd’hui !

Nous savons que ta vie durant, tu repenseras à ce dix huit novembre 2009. Geneviève t’avais promis que ce mercredi, il y aurait une petite fête, spécialement pour toi et tu étais impatient et tu te réjouissais. Nous aussi.

Mais nous, tes amis ardennais, avons été devancés : La France, dont tu commençais à parler la langue, t’a offert un cadeau somptueux : ce matin même, très tôt, un aller simple pour Varsovie, en Pologne, en compagnie de ta si douce maman, Roussana KORKETI, de ton Papa, Genricki KORKETI, et de ta petite soeur, si fragile, toujours malade, Zinaïda.

Nous pensons toutefois, que ton papa aurait dû finir les examens médicaux qu’il avait commencés. Après l’examen de sa radiographie des poumons, il avait été convoqué d’urgence à un scanner qu’il avait passé le 11 novembre. Si vous aviez été plus habitués à ce qui se passe maintenant en France, vous auriez compris que pour que l’hôpital le convoque à un scanner alors que vous n’aviez même pas encore l’AME (Aide médicale d’Etat), c’est que son état était sérieux. Après le scanner, l’hôpital l’avait convoqué, et il avait commencé le premier recueil de crachats - sur trois - aux fins d’analyse. Avoue que c’est balot qu’il n’ait pas continué. Vous viviez dans un hôtel (à quatre dans la chambre, puis dans deux chambres), et vous mangiez dans un CHRS, Centre d’Hébergement et de Réinsertion Sociéle, donc un endroit où se retrouve concentrées des personnes par ailleurs fragilisées. Ne crois tu pas qu’il aurait été préférable, pour vous et pour tous les gens que vous avez cotoyés, de savoir de quoi souffrait ton papa ? Puis de le soigner, puisque nous savons parfaitement qu’il ne sera soigné ni en Pologne, ni en Géorgie. Il faut dire que vous êtes Kurdes-Yezides, et qu’à ce titre il y a encore des gens qui pensent que vous n’avez pas les mêmes besoins qu’eux.


Sans doute est-ce à cause de cela aussi, que dans le camp de rétention où vous serez en Pologne, tu n’iras pas à l’école. Personne ne t’ennuira plus, le soir après la classe, à te faire faire des opérations et du français, pour que tu suives comme les autres, car les autres non plus n’iront pas à l’école.

Cette conception nous fait très peur pour ta petite soeur Zinaïda, qui après un mois de soins normaux par un médecin et tes parents, a dû quand même être hospitalisée à l’hôpital Manchester de Charleville. Elle était tellement faible et fièvreuse, hier pendant la garde à vue de tes parents et la vôtre (oui, votre garde à vue, à toi Alexander et à ta petite soeur, Zinaïda), que le médecin appelé par les policiers a dit "qu’il ne prendrait pas la responsabilité de laisser cette enfant partir dans cet état". Puis Zina a été emmenée aux urgences, mais accompagnée par des policiers, avec ta maman. Après quoi la préfecture nous a répondu que toutes les réponses la tranquilisaient sur la santé de la petite et que l’ordre était donné de poursuivre la réintroduction de ta famille en Pologne. (Principe de précaution ? Compassion ? Humanité ? Risques pour ces personnes ? et pour ceux qu’ils ont cotoyés ? et pour les enfants scolarisés en classe avec eux ?)
 
Tu sais Alexander, nous nous sommes battus toute la journée. Nous avons pu vous apercevoir en montant sur le muret, malgré les policiers qui ne le voulaient pas. Nous avons cru ce que l’on nous disait, aussi bien les uns que les autres. Ce n’est pas très malin, car on nous a déjà menti si souvent …. Geneviève est restée sous la pluie toute la journée en montant son parapluie rouge très haut pour que vous puissiez voir que plusieurs d’entre nous étaient toujours là.
 
Mais une fois de plus, tout était joué, scelé, et remarquablement bien huilé.
 

Vous avez été tirés du sommeil (enfin toi et Zina) parce que cela faisait des jours et des jours que tes parents ne dormaient plus normalement, que le moindre bruit dans le couloir les faisait lever en sursaut et que quand en pleine nuit, ils entendaient des voitures s’arrêter, ils s’asseyaient dans le lit et écoutaient la suite le coeur battant….
 
Comme convenu, vous nous avez appelés. Comme convenu nous sommes venus et avons tenté encore et encore de faire comprendre à ceux qui, aujourd’hui, ont le pouvoir, que ce qui allait se passer était à tous points de vue catastrophique et complètement injustifié.
 
Nous n’avons pas eu le droit d’entrer avant neuf heures, dans les locaux du Pole Immigration.
 
Nous n’avons pas eu le droit d’entrer aux heures normales d’ouverture les policiers nous criant sans ouvrir qu’ils avaient l’ordre de ne pas nous laisser entrer.
 
Nous avons téléphoné à plusieurs reprise pour demander si vous étiez toujours en garde à vue, ou si vous étiez en rétention afin que l’on vienne vous apporter, comme nous le faisons habituellement, un peu d’argent et quelques bonbons pour le voyage.
 
Chaque fois il nous a été répondu que vous étiez toujours en garde à vue.

 
Nous avons pu vous faire passer quelques sacs par des policiers, des anciens de la PAF, qui ont compris que nous voulions seulement adoucir un peu ces terribles moments.
 
Même alors que vous embarquiez dans le minibus, nous n’avons pas pu vous approcher, ni "parler" avec vous.
 
Sous les demandes expresses des policiers de se dépêcher, Annie et Geneviève ont pu embrasser rapidement quelques un d’entre vous, mais même pas tous (Il y avait aussi, hélas, la famille KHATCHATOURIAN, David, Margarita, le petit David et sa toute petite soeur Anna arrêtés et mis en garde à vue en même temps que vous).
 
Le minibus était escorté par une voiture de police. Les deux véhicules sont partis, en trombe, en faisant hurler leur sirène ……
 
Puis la directrice de la réglementation de la Préfecture des Ardennes nous a téléphoné pour dire que tout ayant été étudié et contrôlé, Monsieur le Préfet maintenait l’ordre de réintroduction des deux familles KORKETI et KHATCHATOURIAN, qui seraient conduites en rétention. à LILLE - LESQUIN. Immédiatement, "ceux qui étaient restés au local CIMADE", contactaient la DER (Défense des Etrangers en Rétention) de LILLE

 
Une ultime procédure pour chaque famille était programmée et nous avions encore l’espoir d’éviter au moins pour la petite fille malade, la dureté des camps en Pologne.Rendez-vous était pris pour le lendemain matin, dès 9 heures, entre la DER du Centre de Rétention, la CIMADE Ardennes, et les familles prévenues d’un rendez vous téléphonique à 9 heures du matin.
 
Vous êtes arrivés à 21 heures. Une dernière fois Geneviève vous a eu au téléphone à 23 heures.
 
Quand, enfin, nous avons pu avoir la DER, cela a été pour apprendre que vous aviez quitté le camp à 7 heures 50 pour l’aérodrome. Nous étions quelques uns au local. Nous avons eu un immense moment de découragement.
 
La Pologne accorde si peu de droit d’asile, que l’on peut considérer que vos chances de l’obtenir sont nulles.
 
De plus vous êtes "caucasiens", tare impardonnable pour une large partie du peuple polonais ………….
 
Et aussi la Pologne accorde également des asiles avec droits "diminués", ce qui rend la situation des personnes qui en "bénéficient" extrêmement difficile.

 
Enfin, même quand ils ont le droit d’asile, le sort des étrangers russophones est catastrophique dans cette partie de l’Europe.
 
Et tout cela parce que quand vous avez fui la Géorgie avec l’espoir de demander l’asile en France, malheureusement, vos empreintes digitales, enfin celles de tes parents, ont été relevées en Pologne. C’est pour cela que pendant ces quelques mois on ne vous a pas accordé le droit de remplir un dossier de demande d’asile en France, et que sans recevoir un centime, vous avez vécu si difficilement, avec toujours cette si terrible peur au ventre.
 
MAIS ALORS, POURQUOI TOUT CELA ?
 
Oui, à qui profite ce crime ? Quel est l’intérêt de tels actes ? LA FRANCE EN SORT ELLE GRANDIE ? QUELLE EXPLICATION EN DONNERONS NOUS A NOS ENFANTS ? UN JOUR PEUT-ETRE A DES JUGES ?
 
En tout cas, Mon Cher Alexander, pour la première fois de ma vie, à un moment où on parle de l’identité nationale, j’ai honte d’être française.
 
Je t’embrasse très tristement, très coupablement,

 
 
Arlette SAUVAGE
 
 
 
 
 



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