Une Amap à l’échelle d’un territoire ? (Cantines : le débat relancé)

mercredi 14 décembre 2011
 

Le maire de Bioussac demande à la communauté de communes d’acquérir des terres. Pour employer des chômeurs et alimenter les cantines.

Installé à Bioussac, Nicolas Wisser est maire et maraîcher bio. Il n\'hésite pas à montrer l\'exemple sur le terrain. Photo archives Phil Messelet

Maire de Bioussac et aussi maraîcher bio, Nicolas Wisser prêche par l’exemple. Sa commune, qui compte 226 habitants, était la première en Charente à signer la charte « Terre saine » initiée par la Région pour bannir les pesticides. Aujourd’hui, celui qui est aussi élu à la communauté de communes (CDC) de Ruffec veut tourner la page des vilains nounours qui pointaient du doigt les mauvais payeurs des cantines.

Loin de « l’hystérie » déclenchée par cette maladresse, Nicolas Wisser se veut constructif. Il s’adresse à ses collègues communautaires. Il demande que soit relancée l’idée qu’il avait émise « il y a cinq ou six ans » lorsqu’il était question d’introduire des produits locaux dans les réfectoires. Son projet ? La collectivité acquiert une quinzaine d’hectares qu’elle met à disposition de maraîchers sous forme d’un bail de carrière valable jusqu’à la retraite. Les élus s’engagent à acheter la production aux producteurs qui s’engagent eux-mêmes à les livrer en priorité. Du gagnant-gagnant. Une forme d’Association pour le maintien de l’agriculture paysanne (Amap) à l’échelle d’un territoire.

25 hectares à Poitiers

Nicolas Wisser y voit beaucoup d’avantages. Le premier. « Le maraîchage bio est créateur d’emplois. On pourrait embaucher dans ces structures les mauvais payeurs dont la plupart sont sans travail. Avec un objectif de production, de résultats. Ce qui n’est pas toujours le cas des chantiers d’insertion. »

Second avantage. « Ces terrains serviraient de support pédagogique pour nos enfants et leurs parents-payeurs en difficulté. Ils pourraient mettre leurs mains dans la terre et vivre ce lien si important de la terre à l’assiette. Aujourd’hui, on se contente de petites sorties scolaires ici et là qui ne changent rien. Si les écoliers apprennent à cultiver une parcelle régulièrement, ils sauront qu’il faut trois mois pour faire pousser une salade, six mois pour des betteraves. »

Producteur bio depuis vingt ans, Nicolas Wisser écoule la totalité de ses légumes en vente directe. Il sait l’importance de la relation avec le consommateur. Il n’est pas le seul à se battre pour renforcer cette dimension économique et sociale, locale.

D’autres collectivités ont franchi le pas. Dans les Cévennes, la commune de Barjac a participé à l’acquisition d’une ferme. « Poitiers a acheté 25 hectares en bio pour installer des maraîchers qui vont produire pour les collectivités. La Couronne travaille également à un projet similaire », poursuit le maire en invitant toutes les personnes intéressées par le sujet à participer à la prochaine réunion de la CDC de Ruffec, le 15 décembre. « Ruffec et son canton bougent, osons ! »

 

Source : http://www.charentelibre.fr/2011/12/07/cantines-le-debat-relance,1068756.php



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